« Le vide ne pardonne pas. Nous non plus. »
« J'ai passé sept jours dans une épave dans le système Nyx. Pas d'eau, pas de communication. Les types de l'UEE qui m'avaient envoyé là-bas savaient. Ils ont rien fait.
Vers le septième jour, l'épave a percuté quelque chose dans le noir. Je savais plus très bien ce qui se passait. Quand j'ai repris conscience j'étais contre la coque d'un Ironclad. J'ai cherché un sas. Il y en avait un d'ouvert. Des rations à l'intérieur, assez pour tenir. J'ai récupéré, et j'ai passé les quatre jours suivants à bricoler les systèmes pour remettre le moteur en état. Je sais pas depuis combien de temps il était là. Les journaux de bord étaient vides. J'ai pris les commandes et je suis parti. C'est le Veilbreaker maintenant. C'est là que les décisions se prennent.
Quand j'en suis sorti, j'aurais pu porter plainte. J'aurais pu continuer à bosser pour eux. J'ai fait ni l'un ni l'autre.
J'ai monté quelque chose de simple : on travaille pour personne d'autre. On prend ce qu'on veut. On se couvre.
C'est les Void Rifters. Y'a pas grand chose d'autre à expliquer. »
— Ash "Hush" Calder
Sept jours dans une épave à la dérive dans le système Nyx. Pas d'eau. Pas de communication. Un contrat UEE qui avait mal tourné, et personne envoyé pour le chercher. Vers le septième jour, l'épave a percuté la coque d'un Ironclad dans le noir. Il a trouvé un sas ouvert, des rations à l'intérieur. Quatre jours à bricoler les systèmes pour remettre le moteur en état, et il est reparti avec. Il n'en a presque jamais reparlé.
Avant Nyx, il pilotait des convois indépendants depuis sept ans. Il connaissait les routes, les créneaux, les checkpoints UEE à éviter. Ce savoir-là ne s'est pas perdu. Il s'est transformé en autre chose : il sait exactement où frapper, quand frapper, et combien de temps on a avant que quelqu'un réagisse.
Il parle peu en général. Il ne crie jamais, ne menace jamais. Ceux qui ne le connaissent pas croient que c'est de la froideur. Ceux qui travaillent avec lui savent que c'est plus précis que ça : il a juste arrêté d'avoir besoin de prouver quoi que ce soit.
Pas de lois écrites. Cinq règles gravées dans les habitudes, pas sur le papier.
Un Ironclad dont personne ne sait exactement depuis combien de temps il existe. Ses journaux de bord ont été effacés. Son immatriculation d'origine n'existe dans aucun registre de l'UEE. Il flotte dans le vide comme s'il en faisait partie, inséparable de l'obscurité qui l'entoure. C'est Hush qui l'a ramené de Nyx. Son épave avait dérivé jusqu'à lui dans le vide. Il n'a jamais expliqué ce qu'il y a trouvé à bord, ni depuis combien de temps il flottait là.
Chaque membre possède son propre vaisseau. Ses propres règles, son propre espace, ses propres habitudes. Mais quand quelque chose doit être décidé, quand une opération se prépare ou qu'une situation exige que le commandement soit réuni, c'est sur le Veilbreaker que ça se passe. Pas par convention. Par habitude gravée.
Les décisions se prennent dans l'ancienne salle de contrôle logistique, à la poupe du vaisseau, en hauteur sur la soute qu'elle domine entièrement. Aucun enregistrement. Aucune trace. Juste le commandement autour d'une table, et en contrebas le bruit sourd de l'équipage qui vit, qui rit, qui joue aux cartes et vide des bouteilles de rhum.
Le reste du vaisseau vit à moitié dans l'ombre. Des coursives qui ne mènent nulle part, des quartiers qui n'ont jamais été assignés. Il y a toujours de la lumière quelque part à bord, mais personne ne se souvient de l'avoir allumée.
« Veilbreaker » : celui qui brise le voile. Pas un vaisseau de combat. Un endroit où la vérité se dit, parce qu'il n'y a personne d'autre pour l'entendre.